“Le gouvernement des migrations en Tunisie : Vers un nouveau paradigme?”, Jean-Pierre Cassarino (CoE, Poland)

En dépit de sa perméabilité aux influences extérieures, le pouvoir en Tunisie n’est jamais resté passif face aux injonctions émanant de ses « partenaires » étrangers. La notion de réajustement est utile à l’analyse car elle comporte deux dimensions interdépendantes que l’on retrouve dans la littérature des relations internationales. La première a trait à la capacité de l’État récepteur de politiques publiques à réadapter localement l’effet et la portée de celles-ci. La deuxième concerne la volonté affichée des États et des institutions internationales émetteurs de politiques publiques de démontrer qu’un transfert a bien eu lieu en direction de l’État récepteur au moyen de conditionnalités et d’incitations financières, ou encore par apprentissage ou simple émulation, même si chaque acteur sait que perméabilité ne rime pas toujours avec applicabilité.

Cette contribution démontre que le réajustement pouvait aussi relever d’un accommodement mutuel entre État récepteur et État émetteur. Cet accommodement mutuel répondait, quant à lui, à la prégnance d’une hiérarchie de priorités qui sera explicitée dans le texte. Plusieurs années après les soulèvements populaires de 2011, cette même hiérarchie, fondée sur un paradigme sécuritaire, continue d’orienter les choix des acteurs politiques et institutionnels en Tunisie. Les conditions et facteurs à l’origine de sa persistance sont analysés.

La contribution peut être trouvé ici.